Solaire photovoltaïque en France : un marché qui accélère malgré la baisse des aides

Solaire photovoltaïque en France : un marché qui accélère malgré la baisse des aides

Le parc solaire français a franchi le cap des 33 GW en 2026, répartis sur plus d’un million d’installations. Une progression rapide, portée par des projets de plus grande puissance, qui s’accompagne pourtant d’une révision en profondeur des dispositifs d’accompagnement financier. Pour les particuliers comme pour les professionnels, le paysage change vite.

Un marché en pleine croissance, des aides en recul

Sur l’ensemble de 2025, la puissance raccordée a progressé de 24 %, atteignant 5,77 GW. Paradoxalement, le nombre de nouvelles installations a reculé de 26 % sur la même période : les projets sont moins nombreux, mais nettement plus puissants. Ce glissement reflète l’essor des centrales au sol et des installations industrielles, au détriment des petites toitures résidentielles.

La prime à l’autoconsommation, autrefois fixée à 370 €/kWc pour une installation de 3 kWc, ne s’élève plus qu’à 80 €/kWc en 2026. Le tarif de rachat du surplus, garanti sur 20 ans, est passé à 0,04 €/kWh, contre 0,13 €/kWh fin 2023. Dans ce contexte, l’autoconsommation couplée à un système de stockage devient la stratégie la plus rentable : le nombre d’installations raccordées avec batterie a quasiment quadruplé en un an.

Une bonne nouvelle toutefois : depuis le 1er octobre 2025, un taux de TVA à 5,5 % s’applique aux installations résidentielles inférieures à 9 kWc, sous conditions (bilan carbone, système de gestion d’énergie). C’est sur ce site que photosol.fr, producteur d’énergie solaire fondé en 2008 et pionnier de l’agrivoltaïsme en France, intervient aussi bien auprès des agriculteurs que des collectivités et industriels.

L’agrivoltaïsme, une voie qui se structure

Combiner production agricole et production d’électricité sur une même parcelle : l’agrivoltaïsme attire de plus en plus d’exploitants. Les panneaux peuvent surplomber des cultures ou des élevages, offrant une protection contre les aléas climatiques tout en générant des revenus complémentaires.

Le cadre réglementaire s’est clarifié en 2025, avec une instruction ministérielle publiée en février qui précise les démarches selon la puissance du projet. En dessous de 3 kWc, aucune autorisation d’urbanisme n’est requise. Entre 3 kWc et 1 MWc, une simple déclaration préalable suffit dans la plupart des cas. Au-delà, une évaluation environnementale et une enquête publique s’imposent. Ces clarifications réduisent les risques de blocage administratif, qui freinaient jusqu’ici de nombreux porteurs de projets.

Des projets concrets sur l’ensemble du territoire

Les parcs solaires se multiplient dans toutes les régions. Le parc agrivoltaïque du Donjon, dans l’Allier, produit ainsi 27 GWh par an sur 24 MWc, combinant élevage et énergie verte. Celui de Bellac, en Haute-Vienne, atteint 22,5 GWh annuels. Ces réalisations illustrent la montée en puissance des installations à grande échelle, qui tirent la croissance nationale vers le haut.

Pour les propriétaires et exploitants qui s’interrogent sur la faisabilité d’un projet, les arbitrages sont aujourd’hui plus complexes qu’il y a trois ans : aides réduites, prix des modules orientés à la hausse (entre 5 et 9 % attendus début 2026 en raison de la fin d’une exonération de taxe sur les panneaux chinois), mais rentabilité de l’autoconsommation renforcée. Prendre le temps de comparer les scénarios, avec ou sans stockage, reste la démarche la plus solide avant de s’engager.