Le marché du solaire résidentiel a franchi le cap symbolique de 1,2 million d’installations raccordées en France, avec une puissance totale avoisinant 27,9 GW fin 2025. Mais 2026 marque un tournant notable : plusieurs aides ont évolué, et le calcul de rentabilité d’un projet photovoltaïque ne repose plus tout à fait sur les mêmes leviers. Voici ce qu’il faut savoir avant de se lancer.
Des prix stables, des aides en recul
En 2026, l’installation panneaux photovoltaïques pour une maison individuelle coûte entre 1 500 et 2 500 € TTC par kWc posé. Pour une puissance de 3 kWc, idéale pour un foyer de taille moyenne, le budget tourne autour de 7 500 €, pose, raccordement et démarches administratives compris. Un projet à 9 kWc peut atteindre 23 000 €.
Du côté des aides, le paysage a considérablement changé. La prime à l’autoconsommation, qui pouvait représenter jusqu’à 720 €, a été supprimée le 5 juin 2026. MaPrimeRénov’ ne s’applique pas aux panneaux photovoltaïques : elle est réservée au solaire thermique. Seule la TVA réduite à 5,5 % subsiste, mais sous conditions strictes (puissance inférieure ou égale à 9 kWc et critères d’éligibilité liés au logement et aux modules), et peu d’installations y répondent actuellement.
La rentabilité se joue sur l’autoconsommation
Depuis le 5 juin 2026, le surplus d’électricité solaire injecté dans le réseau est racheté par EDF OA à seulement 1,1 c€/kWh HT, contre 4 c€/kWh auparavant. La vente totale n’est plus accessible aux installations de moins de 9 kWc. Conséquence directe : produire pour revendre n’a plus guère de sens économique à l’échelle d’un particulier.
La logique gagnante est désormais celle de l’autoconsommation maximale : consommer soi-même l’énergie produite pour réduire ses achats au réseau. Ce changement de paradigme mérite d’être intégré dès la conception du projet, en dimensionnant l’installation en cohérence avec les habitudes de consommation réelles du foyer.
Raccordement : une procédure désormais entièrement dématérialisée
Depuis 2024, toutes les demandes de raccordement s’effectuent via le portail Enedis Connect. L’installation doit obligatoirement être réalisée par un professionnel certifié RGE. Le dossier de raccordement comprend une attestation Consuel bleue (195,20 €) et le devis ou la facture de l’installation. Le raccordement lui-même, pour un compteur Linky en autoconsommation avec vente du surplus, coûte 50,10 € TTC.
La bonne nouvelle : la plupart des installateurs RGE prennent en charge l’ensemble du parcours, de la déclaration en mairie à la souscription du contrat EDF OA. Il vaut la peine de vérifier explicitement ce point lors de la demande de devis.
Malgré la baisse des aides directes, les objectifs nationaux restent ambitieux : la France vise 45 GWc d’ici 2030. Le cadre réglementaire reste donc globalement favorable, à condition d’adapter sa stratégie aux nouvelles règles du jeu. Pour tout ce qui touche à l’équipement énergétique de votre logement, les conseils de nos spécialistes en chauffage et énergie peuvent compléter utilement votre démarche.



